Plaidoirie de Peter Thiel : le piège qu’induit la concurrence (ou la compétition scolaire)

01. novembre 2017 Introduction 0
Plaidoirie de Peter Thiel : le piège qu’induit la concurrence (ou la compétition scolaire)

J’ai trouvé ce texte dans le livre de Peter Thiel “From Zero to One” dans le passage où il détruit l’idéologie que nous nous faisons habituellement de la concurrence. En deuxième partie de l’article je vous mets en copie quelques lignes de Peter Thiel très puissantes qui vont dans le même sens que ma vision de l’éducation.

Concurrence versus Monopole

Ce chapitre parle de la concurrence par opposition au monopole. Et Thiel reprend les arguments néoclassiques qui visent à détruire la concurrence:

  1. A long terme, la concurrence est synonyme d’absence de profits pour tous.
  2. A long terme, la concurrence est synonyme de différenciation significative.
  3. A long terme, la concurrence est synonyme de lutte pour la survie.

Alors qu’il énonçait plus tôt que les start-ups a croissance durable avait généralement 4 caractéristiques communes:

  1. Une technologie exclusive
  2. Des effets de réseaux
  3. Des économies d’échelle
  4. Une image de marque

Sans profit, ni différenciation significative et donc en luttant constamment pour survivre, une entreprise en situation de monopole ne semble donc pas pouvoir réussir durablement.

 

Plaidoirie contre la concurrence par les notes

 

C’est une vérité simple, que l’on nous a pourtant tous appris à ignorer. Notre système éducatif reflète et alimente notre obsession de la compétition.

Le principe même de la notation permet de mesurer précisément la compétitivité de chaque étudiant ; les détenteurs des meilleures notes accèdent à un statut et se créent des références. Nous enseignons à chacun de ces jeunes gens les mêmes sujets de manière à peu près similaire, indépendamment de leur talent ou de leurs préférences individuelles. On fait en sorte que les élèves qui ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes en restant assis à un bureau se sentent inférieurs, alors que les enfants qui excellent selon les critères conventionnels, notamment les contrôles ou les devoirs, en viennent à se définir en fonction de cette réalité universitaire parallèle, soumise à de singulière contraintes.

Et lorsque les étudiants atteignent les niveaux supérieurs de ce tournoi, cela ne fait qu’empirer.

L’élite gravit les marches avec confiance jusqu’à atteindre un niveau de compétition suffisamment intense pour tuer ses rêves dans l’œuf. L’enseignement supérieur est le lieu où les individus qui nourrissaient de grands projets dans le secondaire se retrouvent englués dans des rivalités acharnées avec leurs homologues, des individus tout aussi brillants qu’eux, autour de carrières conventionnelles comme le conseil de gestion ou la banque d’investissement.

Pour avoir le privilège de devenir des personnages conformistes, ces étudiants (ou leur famille) déboursent des centaines de milliers de dollars dans des frais de scolarité, en hausse phénoménale, constamment supérieure à l’inflation. Pourquoi nous infliger un traitement pareil ?

Peter Thiel, From Zero to One


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