Critique et analyse du système éducatif

18. juillet 2017 Education, Evasion 0
Critique et analyse du système éducatif

Dans Basic Instinct, j’aime à penser que Disiz dénonce d’une certaine façon la recherche de conformité qu’impose l’école.

«Sur la vie d’ma mère que je ferais médecine. Le jour d’mon diplôme, je regarderai l’assemblée. Je veux juste réussir, je veux pas vous ressembler. Plutôt crever ».

Comme je l’ai expliqué dans l’article d’introduction, la première boite cognitive qui nous empêche de penser par nous-même est l’école. Cette première boîte réduit terriblement notre réflexion et notre liberté et favorise la conformité.  Pourquoi? Parce que le système scolaire repose intégralement sur un système de notation: la vie notée.

C’est pour cela que j’ai choisi un extrait du film Dead Poet Society pour illustrer mon article. Contrairement aux autres professeurs de Welton, John Keating (Robin Williams) encourage le refus du conformisme, l’épanouissement des personnalités et le goût de la liberté. Comme le résume si bien l’aphorisme Carpe Diem (« Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain »).

Le règne de la quantité, la mort de la réflexion par la notation

Vouloir tout mesurer, tout noter, tout mettre dans une boîte pour mieux la définir,  c’est ce que René Guenon a appelé « le règne de la quantité » : nous sommes incapables d’évaluer réellement la qualité des choses, alors nous nous conditionnons à ne voir que des quantités, des notes, même quand elles sont fausses ou hors-sujet.

Quand les résultats du BAC tombent par exemple, juste après avoir regardé nos résultats, nous voulons absolument connaître ceux de tout le monde alors que ce diplôme ne se partage pas: Qui l’a eu? Qui ne l’a pas eu ?  Quelle mention?  Qui a perfé? Qui au contraire s’est rétamé ? Nous voulons absolument connaître les résultats de tout le monde, jalousons les chanceux et blâmons les moins chanceux. Autrement dit, nous sommes entièrement responsable. Nous mettons nos proches, nos environnement, tout ceux qui nous entourent, dans des boîte (peut-être parce que notre environnement est enfermé dans une boîte plus grande qui nous pousse à nous conformer dans ces petites boîtes…). A vouloir tout mesurer, tout comprendre, tout connaître et cela dès le premier regard.  Nous sommes responsable des boîtes que nous nous mettons sur notre tête et sur la tête des autres.

Dans la vie, certaines choses, sont impossible à quantifier, à mesurer, tout n’entre pas dans un calcul, dans une boîte. Comme le soulignait Kant,  la dignité humaine elle-même ne peut entrer dans un système de calcul car elle est précisément ce qui lui échappe, elle est par définition ce qui est supérieur à n’importe quel valeur, chiffre, n’importe quelle boîte qu’on lui ait mis, car la dignité ne peut être notée. Autrement dit, il faut arrêter de croire aux critères que nous impose la grande boite cognitive  (métaphore du système dans son ensemble  qui se résume à un assemblage universel de boites cognitives).

Critique des notes

L’Ecole place la vie notée (à savoir deux semaines de partiels par an) sur un piédestal alors qu’elle n’a en réalité que très peu de valeur par rapport à la vraie vie. Ce qui est triste c’est que nous savons tous que cette vie notée n’a que peu de valeur intrinsèque et que la note de partiels ne reflète pas du tout le savoir en amont de l’examen. Et paradoxalement, comme l’administration et les autres étudiants se fondent dessus, nous sommes obligé de courber le dos et de tout faire pour correspondre aux critères notés des autres. Autrement dit, nous acceptons tous de penser “IN the Box” tant que cela nous permet de valider notre année et de passer dans le niveau supérieur. C’est absurde non?! Cette absence de liberté me tue. On préfère la sécurité, la conformité à la liberté. On se confine nous-même dans un moule, dans une boîte cognitive qui nous restreint. 

Rappelons les paroles de Benjamin Franklin (Un des Père Fondateurs des USA)

Celui qui sacrifie sa liberté au profit de sa sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre.

Et à partir des notes du Baccalauréat -qui différencient les étudiants sur le papier et fort heureusement pas dans leur essence ou dans leur projet d’avenir – l’administration (APB) décide (dans une opacité des plus totale) – du parcours que suivra l’étudiant l’année prochaine. Rendez-vous compte, certains étudiants passionnés  et expert dans un domaine, ont vu leur choix APB refusé uniquement parce qu’ils ne rentraient pas pile poile dans la case attendue. Ca m’en rend fou.

Exemple d’absurdité que les notes révèlent

Prenons le cas d’un élève qui se serrait vu refuser l’entrée dans une licence en Innovation et Entrepreneuriat très sélective juste après le BAC, parce que sa note à l’examen d’entrée était inférieure à une moyenne imposée par l’université.

Rappelons que cet examen se résumait à un QCM sur des questions de définition très aléatoires, où la chance et le bachotage est de rigueur. Et donc cet étudiant qui rêvait de ce master devra donc réorienter son projet parce qu’il ne correspond pas au moule attendu par l’université. Même s’il ne connaissait pas par coeur toutes les dates et les définitions – qu’il aurait dans tous les cas oublié 2 jours après! – cet étudiant a peut être lu des livres d’entrepreneuriat beaucoup plus enrichissants et utiles que ces définitions obsolètes. Peut-être avait-il un projet d’avenir précis et qu’il a obtenu un stage qui va dans le sens de son projet de carrière ? Peut-être que cet étudiant a en plus des cours suivis des formations en ligne qui encore une fois l’ont aidé à murir et à avancer dans son projet?

Qu’importe, il a répondu à 11 questions et non pas à 12 , il est donc refusé du programme. Il n’est pas dans le moule. C’est qui est terrifiant, derrière ce mode de sélection, apparaît la recherche absolue de la conformité. Puisque seules les notes comptent, chercher à faire autre chose, acquérir un autre savoir, penser différemment, être outside of the box dessert donc les étudiants! Ca me donne envie de vomir. Comment peut-on prétendre stimuler nos étudiants si nous ne cherchons que la conformité.

Pire encore, le système APB est encore plus hypocrite que cela. Au nom de l’égalité (valeur Républicaine), tous les bacheliers ont accès à l’université, librement et gratuitement. Et la meilleure façon qu’on a trouvé d’appliquer cette égalité, c’est d’organiser un tirage au sort pour trier les étudiants après le BAC. Un tirage au sort?! Comment voulez-vous que les étudiants ait envie de s’épanouir si, in finne, l’accès à la filière qu’il désire se fera au tirage au sort?!
comble de l’absurde a été atteint avec la cuvée 2017 : des lauréats admis avec mention très bien sont exclus, par le tirage au sort, de la filière choisie, et 87 000 bacheliers se retrouvent sans affectation universitaire.

Cette recherche de la conformité atteint son paroxysme en Classe Préparatoire

Lorsque j’étais en Classe Préparatoire par exemple, j’ai été horrifié par la fermeture d’esprit des étudiants (je m’inclus dans cette catégorie). Au bout d’un an et demi de prépa, nous étions tellement enfermé dans nos révisions du concours, que tout ce qui sortait du programme du concours paraissait inutile…. Quand le prof disait « Ca c’est hors programme, c’est juste pour votre culture perso », d’un coup, tout le monde s’arrêtait d’écrire… Voir d’écouter pour certains afin de relire et de mettre en page ce qui était effectivement au programme… Et quand on creuse cela, je me rends compte (dans l’ensemble, n’allons pas trop vite) que ceux qui préféraient mettre en page la partie programme et ne pas écouter ce qui n’avait pas d’intérêt direct pour le concours, sont ceux qui ont le mieux réussi le concours…. En somme, pour réussir un concours, il faut arrêter de penser par soi-même et recracher ce qu’on attend de nous. (C’est ce que j’ai fait pour réussir mon concours, je ne m’exclu pas de ce système, je me rend simplement compte de cette absurdité avec du recul). Dans l’ensemble, parce qu’il existe fort heureusement de nombreux étudiants géniaux qui ne rentrent pas dans cette case, il n’y a pas plus IN the box qu’un étudiant sortant de Classe Prépa…

Autrement dit, en prépa on est dans l’ensemble des moutons. On nous gave de connaissance que l’on doit apprendre puis parfaitement recracher. Ce n’est hélas pas grave si l’on n’a pas compris ce que l’on écrit, le but est de faire illusion sur une copie et durant un oral. On est vraiment des moutons….

Attention, je ne  suis pas pas en train de démonter les Classe préparatoires, je suis très content de mes années en prépaet de ce que j’ai appris, c’était génial. Je ne regrette aucunement. Ce que je regrette c’est la recherche de la conformité que le concours et son programme impose… Peut-être devrait-on créer une classe préparatoire mais sans programme, sans boite cognitive dans laquelle il faut parfaitement rentrer pour réussir le concours….?

Le système des notes se résume donc une vie «notée».  Dans la vie notée, il faut absolument rester à sa place, ne serait-ce que pour demeurer « notable », « évaluable ». Dans la vraie vie, si vous restez à votre place, vous avez raté votre existence, car vous avez toujours été incarcéré dans un boîte cognitive. Vous n’avez pas vécu votre vie.

Cette question , c’est tout l’enjeu de la série Américaine Suits, ou Michael Ross, un des meilleures avocats de New York, exerce illégalement puisqu’il n’a pas passé le barreau. C’est un génie du droit qui surpasse de loin tous ses collègues pourtant diplômés. Cependant, le système des boîtes cognitives le rattrape! Des détracteurs cherchent tout le long de la série à lui retirer son droit d’exercer. En gros, on s’en fout qu’il soit le meilleur avocat de New York en pratique. Puisque Mike n’a pas un papier honorifique au dessus de son bureau qui prouve qu’il a eu de bonne notes, il ne devrait pas exercer. C’est absurde non ?! Mike illustre parfaitement l’enfermement des boîtes cognitives dans lequel nous sommes.

Et cette recherche absolue de la conformité se retrouve en école de commerce

Bien que classé tout en haut des classements du Financial Times, j’estime que mon école de commerce détruit la créativité et cherche à faire rentrer ses étudiants dans ces boites cognitives que je méprises tant. L’école de commerce l’avoue, son unique but, c’est de créer des CV les plus gonflés possible, pour placer ses étudiants dans les boîtes les plus socialement impressionnantes, sans qu’ils sachent eux-même vraiment pourquoi ils veulent faire cela. Le but ultime, c’est qu’à terme, l’ancien étudiant puisse se définir par 3 boîtes : 

  1. La boîte dans laquelle il travaille (l’entreprise)
  2. La boîte dans laquelle il a eu son diplôme (l’école de commerce)
  3. La boîte dans laquelle il dort (l’environnement )

Et si ces 3 boîtes vont le même sens (à savoir si elles sont socialement impressionnantes, si elles sont «meilleures» que les autres boîtes). Alors l’égo de l’école, de l’entreprise et de l’ancien étudiant sera flattée. Mais cet étudiant aura-t-il travaillé pour lui ou pour flatter son égo, celui de son école et celui de son entreprise?

Du reste, analysons la boîte cognitive de la grande école de commerce et ses absurdités. La première absurdité réside dans son nom. Apparemment je suis dans une Grande Ecole de Commerce. Trop cool, on me place dans un boîte supérieure à une Ecole de Commerce Post Bac! Et cette soit-disante supériorité repose uniquement sur des critères scolaires. Paradoxalement, nous savons pertinemment que certains étudiants d’écoles “moins reconnues” que la mienne réussiront mieux que moi dans la vie. Qu’est-ce qui nous fait dire que mon école est meilleure? Les boîtes cognitives dans lesquels nous sommes enfermés, tout simplement. Et effectivement si l’on reste dans ces boîtes, alors les classements des écoles de commerce,  des entreprises dans lequel il faut travailler, des salaires à la sortie,  bla bla bla, toutes les absurdités des boîtes cognitives se révéleront vraies. C’est ce qu’on appelle le phénomène des prophéties auto-réalisatrices.

Arrêtons de vouloir tout noter! Cela nous empêche de penser par nous-même.

Cette volonté de vouloir tout noter provient du phénomène théorisé par René Guenon que j’explique au début de l’article, à savoir le règne de la quantité. Dans la vie notée, être autonome est fortement déconseillé. On ne choisit pas ses cours à l’école française, le programme est imposé par l’État, tout comme le rythme d’apprentissage. S’il y a des choses « hors programme », c’est bien que certaines notions ne doivent pas être abordées trop tôt. Dans la vie réelle, au contraire, l’autonomie est la seule voie vers la liberté. Il faut penser par soi-même et dénoncer les absurdités, quelle que soit l’autorité qui les profère ou les pratique.

Je vais vous donner un exemple personnel, que j’ai vu dans mon école de commerce, qui illustre parfaitement ses limites.

Nous avons suivi une formation très intéressante sur le leadership et la négociation ou nous avons beaucoup appris. Hélas, à la fin de la journée, plutôt que de nous faire réfléchir sur ce que nous avions appris et comment est-ce que nous pourrions utiliser ces “soft skills”, nous avons dû répondre à un QCM pour voir si nous avions bien suivi le cours. Cet exercice fut noté, et à partir de là, tout ce séminaire se résumait en une note sur 20. Je trouve cela absurde parce cela détruit toute «pratique délibérée»1 , et les étudiants arrêtent de réfléchir par eux-mêmes parce qu’il travaillent désormais pour une note et non plus pour le contenu en amont. Désormais, le but de la séance n’est pas d’acquérir des compétences en leadership et en négociation. Le but du jeu a changer. Maintenant, le but c’est d’avoir la meilleure note. Point barre. C’est tout, tout est résumé dans ce score. Bien entendu, personne ne souvient d’un enseignement de cette formation, alors que les étudiants l’ont pourtant apprécié…

L’humaniste Rabelais disait « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».  Il n’y a hélas aucune conscience dans le travail à l’Ecole. Le but est de faire illusion à travers une note, c’est sans doute pour cela que le mot “bullshit” est présent sur toutes lèvres des étudiants quand ils parlent des écoles de commerce… Qu’importe la façon (bachoter, tricher, ne pas aller aux examens difficiles et hélas, rarement travailler) toutes les méthodes sont pratiquées pour avoir une bonne note.

Ce qui m’attriste, c’est qu’un étudiant ne se replongera jamais dans ses cours des années précédentes parce ce qu’il a appris l’aurait intéressé. La note empêche tout cela parce qu’elle est englobante. En effet,  dès que la note est attribuée, on oublie tout, on résume notre intelligence et notre connaissance dans cette matière à ce score à jamais figé et on pense aux prochains examens. C’est pour cela que je pense qu’il n’y a pas de conscience dans le travail à l’Ecole (au sens du « noos », à savoir l’esprit connaissant, que Descartes a posé comme le socle de la connaissance !).

Pour rappel, le courant humaniste à pour but de renouer avec un vif appétit de savoir (l’accès à la culture pour tous!), disparu depuis la civilisation gréco-romaine. Considérant que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées, ils considèrent la quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines comme nécessaires au bon usage de ces facultés. Ils prônent la vulgarisation de tous les savoirs, dont religieux ; la parole divine doit être accessible à toute personne, quelles que soient ses origines ou sa langue. Pourquoi l’Ecole actuelle s’est éloignée des objectifs humanistes?!

L’Ecole devrait s’inspirer de l’humanisme de Rabelais qui avait pour but d’élever l’homme et non le réduire à des notes et l’enfermer dans des boites cognitives qui réduisent son intelligence. Descartes, Kant, Hegel et Sartre approuveraient également !

Comment peut-on rendre les étudiants créatifs et innovants, si l’unique critère de l’Ecole se résume à une note? Où le but du jeu est de recracher sans réfléchir ce que le professeur attend de nous. On apprend par cœur, sans réfléchir des choses en acceptant le fait que cela ne nous servira pas vraiment. Mais bon, comme les autres le font, on accepte de se conformer et de jeter notre créativité à la poubelle. Arrêtons de nous conformer!

Au lieu de rechercher la conformité, l’école devrait chercher l’émerveillement, chercher à ouvrir ses élèves au monde. C’est en tout cas ce que j’essaye modestement de faire avec ce site internet. C’est notamment Idriss Aberkane qui m’a fait comprendre l’importance de l’appétit du savoir et de la culture. Ecoutons ses paroles pleines d’espoir.

« Il faut donner faim, et ne pas avoir honte de cela qui relève de la neuroergonomie2 la plus élémentaire, connue des humanistes bien avant que le terme “neuroergonomie” fût seulement inventé. N’ayez jamais honte de vous émerveiller et ne croyez jamais que le professionnel, c’est celui qui ne s’émerveille plus. »

 

Idriss Aberkane nous explique qu’il faut remettre l’épanouissement au coeur de la mission éducative dans Libérez Votre Cerveau

 « Si l’école est embourbée dans des débats qui n’avancent pas, si elle accumule les plans de réforme comme autant de dépôts sédimentaires et de memoranda indigestes, c’est que sa classe politique, et le peuple qui devrait la gouverner, ne se pose pas les bonnes questions. On ne débat que du « quoi » (les programmes), à peine du « comment » (note ou pas note ?), et jamais du « pourquoi », qui est pourtant la justification de l’enseignement. Il faut remettre l’épanouissement au cœur de la mission éducative. La question n’est pas de noter ou non, mais de savoir pourquoi et comment on le fait. Un jeu est intensément noté, il possède un score. S’il nous stimule, c’est parce qu’il est désiré et non subi. Dans un jeu, c’est le joueur qui réclame la note, elle rend l’ensemble encore plus amusant et accrocheur.»

Steve

Steve Jobs disait « You’ve got to find what you love. … And the only way to do great work is to love what you do.» A l’Ecole, nous n’avons pas le temps de trouver ce que nous aimons parce que nous sommes obligé de remplir les critères académiques si nous voulons rester dans le moule.

Ecoutons Jobs, et laissons les étudiants être créatifs, être heureux, décider de ce qu’ils les intéressent, de ce qu’ils aiment. En somme, aidez les étudiants à s’épanouir et à grandir et arrêtons de les enfermer dans des notes réductrices.

Dans son célèbre discours à la remise de diplôme de Stanford, Steve Jobs disait:

« Your time is limited, so don’t waste it living someone else’s life. Don’t be trapped by dogma — which is living with the results of other people’s thinking. Don’t let the noise of others’ opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. They somehow already know what you truly want to become. Everything else is secondary. »

Quelle claque ! Jobs disait à des universitaires de faire le contraire de ce qu’ils font tous les jours. La reconnaissance des pairs ? Oubliez ça ! Ne laissez pas l’opinion des autres troubler votre voix intérieure ! Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition.

L’école moderne a remplacé notre cœur… Laisser l’extérieur nous définir, c’est une aliénation lente mais abominable. Ne laissez personne d’autres que vous-même définir qui vous êtes. Vous connaître vous-même est votre devoir le plus absolu dans la vie. Tant que vous laissez les autres vous définir, vous n’êtes pas libre. En d’autres termes, sortons des boîtes cognitives dans lesquels les autres nous ont placés.

Je pense simplement que l’Ecole doit évoluer, quitter ce mode d’organisation archaïque et se recentrer sur ses objectifs (former les adultes de demain, seulement! ) les valeurs qu’elle prétend véhiculer.

En conclusion, l’Ecole doit mettre le primat sur ses étudiants. Faire tout son possible pour les élever et non pas les enfermer. L’Ecole doit écouter Baudelaire et stimuler, libérer la “Reine des Facultés”, à savoir l’imagination des jeunes.

Arrêtons de croire des absurdités diffusées par des boîtes cognitives

Je cite en dessous, des exemples d’assertions sorties tout droit de boites cognitives

  • “S’il a fait HEC c’est que c’est un génie” –> FAUX: Une amie d’HEC m’a un jour expliqué son crédo: identifier exactement ce qu’attend le professeur, l’apprendre par coeur et le recracher. C’est ça être un génie? *Je ne dis pas qu’il n’y a pas de génie à HEC, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit*  C’est comme une inclusion mathématique, A⊂B n’implique pas que B⊂A.
  • “Je ne suis pas scolaire” –> FAUX: Vous ne recrachez simplement  pas ce que le système tente de vous imposer.
  • “Je suis nul en maths” –> FAUX: Vous avez une boite sur la tête qui vous auto-persuade de cela. Mais c’est sûrement faux. Personne n’est nul ou bon dans une matière, notre cerveau a simplement établi plus ou moins de connections neuronales sur des concepts abstraits. C’est un cas typique de prophétie autoréalisatrice

Bref, il faut arrêter de croire naïvement ce que tout le monde rabâche, on peut sortir de ces boites cognitives enfermantes. Par conséquent, sortons de la vie noté et devenons libre.

Sortons de la vie notée et soyons maître de notre vie

Il faut opposer la vraie vie et la vie notée que nous mettons sur un piédestal alors qu’elle n’a en réalité que très peu de valeur. La vraie vie est largement plus importante et “supérieure” à la vie notée.  Ce qui est triste c’est que nous savons que cette vie notée n’a aucune valeur intrinsèque mais , paradoxalement, comme les autres se fondent dessus, nous sommes obligé de courber le dos, d’accepter cette absurdité et de tout faire pour correspondre aux critères notés des autres.

Pour illustrer toute les absurdité de la vie notée, i.e. les absurdité du système éducatif français, je reprends un tableau d’Idriss Aberkane issu de son livre Libérez votre Cerveau.

Arrêtons de courber le dos et de travailler pour avoir un diplôme stylé

Toute notre scolarité, on ne travaille pas pour soi. On ne travaille pas pour apprendre mais pour faire illusion. Pour

Pour reprendre un fois encore, le rappeur Disiz La Peste explique dans son single ADN (Pacifique, 2017), ce que les boîtes cognitives ont fait de nous. Le but en effet n’est plus de travailler pour nous mais de travailler pour essayer véhiculer une image que l’on pense que les autres attendent de nous.

« Rares sont les hommes qui disent leurs hontes
Et rares sont les dignes qui taisent leurs triomphes »

Dans Prélude (à la rébellion des coeurs), il explique l’inutilité du diplôme, mais explique que lui aussi a courbé le dos

« Y’a pas si longtemps, j’étais à la fac pour me prouver des choses inutiles et obtenir un diplôme pour authentifier tout ce que j’ai appris tout seul….»

Disiz a totalement raison! Le but du diplôme c’est d’authentifier ce que vous avez appris, ce que vous êtes. Le but c’est d’avoir une preuve (une note, un papier, un CV) rassurante qui vous rend légitime au yeux des autres. Mais quant est-il de votre vie à vous, de votre vie à vos yeux?

Dès qu’on sort un tant soit peu de la boîte cognitive dans laquelle on est bercée, on se rend compte de la stupidité des croyances dans lesquelles cette boîtes nous avait enfermé. Je suis actuellement en stage à Shanghai et je croyais impressionner mes collègues français en citant mon école de commerce en arrivant. Ils s’en foutent et c’est normal! Ce qu’ils veulent savoir, c’est uniquement si je correspond aux attentes qu’ils ont de moi. Point barre. Mon école de commercer c’est uniquement un gage de crédibilité dans lequel je croyais naïvement.

Idriss Aberkane nous explique avec brio la différence entre la vie notée (le diplôme) et la vraie vie.

Si vous limitez votre vie à la vie notée, vous n’aurez pas de vie. L’homme noté est inférieur à l’Homme tout court. Héritage de la pensée eugénique, nous avons cru que l’Übermensch (le « surhomme ») de Nietzsche se trouvait dans l’homme noté, alors qu’il se trouve justement dans l’homme libéré de la vie notée. Homo sapiens sapiens est supérieur à Homo æstimatus. Et parce que « estimé » nous semble flatteur, nous avons oublié qu’il est avant tout une aliénation. C’est l’esclave qu’on estime, avant de l’acheter ou de le vendre.

Idriss Aberkane, Libérez votre Cerveau

Je me répète beaucoup dans cet article, mais c’est pour que nous identifions et sortons de ces croyances absurdes que nous vénérons à cause des chemins neuronaux imposés par les boîtes cognitives que nous nous mettons sur la tête….

Pratique délibérée : Concept définit par le psychologue suédois K. Anders Ericsson comme une forme de pratique où « tous les moyens sont mis en œuvre pour améliorer des aspects spécifiques de la performance ». En somme ce qui permets vraiment aux étudiants de s’épanouir.

Neuroergonomie2: Idriss Aberkane définit la neuroergonomie comme l’art de bien utiliser le cerveau humain.


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